L’amour ou les protéines

J’ai lu récemment deux livres de cuisine que je vous conseille chaudement (les deux étant à la médiathèque de Wissembourg) : Protéines vertes et Cuisine ayurvédique de Florence Pomana (je n’ai pas mis de lien car ça vous aurait renvoyés vers un site marchand que je ne recommande pas).

Le premier livre a été écrit par deux sportifs de haut niveau, enchaînant marathon, semi-marathons et autres compétitions sportives. Les recettes sont fraîches et inventives. Il faut, sans doute, être déjà un peu habitué à une alimentation alternative, être friand de découvertes et ne pas avoir peur de faire un dessert avec des haricots azukis ou de faire revenir du tofu sur une feuille d’algue grillée. Pour moi, c’est très bon, ça fonctionne vraiment.

Le deuxième, c’est une restauratrice française d’origine italienne ayant voyagé en Inde qui offre ses créations et ses reprises de ce qu’elle y a appris, selon le courant ayurvédique qui fait de l’alimentation une délicieuse médecine, caressant les sens, régulant l’esprit.

Les deux livres proposent des recettes végétariennes ; le premier le revendique et cherche à offrir des sources de protéines végétales ; le second en parle à peine ou tout au moins pour proposer une réflexion fine, nuancée, sur le végétarisme. Le premier stipule la présence et la quantité des protéines, des isoflavones, des glucides, lipides, vitamines. Le second donne des titres poétiques à chaque recette (« Le frais ruisseau », « l’allégresse parfumée ») et indique ce que fait chaque plat (« ça apaise, recentre », « ça humidifie et régénère »). Les deux parlent des expériences de leurs auteurs à travers le monde ; le second parle aussi de la lenteur, du temps qu’il faut pour bien cuisiner, de la délicatesse du lait cru et frais, de la beauté d’un plat et, finalement, d’amour.

Est-il difficile de voir vers lequel de ces deux ouvrages mon coeur balance ? Je crois que les bons livres de cuisine m’ont moins appris à « faire des plats » qu’à aimer cuisiner. Florence Pomana (comme Catherine Schillein, mon autre auteure fétiche) rappelle comme c’est bon de cuisiner pour soi, sa famille, ses amis, comme c’est doux de toucher, de humer, d’écouter et de voir ce qui pousse, ce qui mijote, frémit, exhale.

De la frénésie des mes années d’étude (examens, crainte de me tromper de filière, travail alimentaire, soirées fréquentes, rythme sans rythme, montagnes russes émotionnelles), me restent un sentiment de paix et un souvenir : je suis assis dans la toute petite cuisine d’un vieil appartement de Strasbourg, j’épluche de bons légumes, je les émince, l’apaisement vient lentement en moi, je verse les légumes dans une casserole à fond épais et j’y ajoute un peu de cardamome ; je me régale, seul pour une fois, dans un appartement silencieux qui reprendra couleur dès le retour de mes collocs.

Alors, bonne lecture si le coeur vous dit de vous plonger dans ces livres et bon appétit tout au long de la journée (chic ! au moins trois repas par jour !)

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